L’interprétation simultanée, késako ?

Publié le 5 juillet 2026 à 11:00

Vous avez probablement déjà vu un interprète chuchoter dans l’oreille d’un chef d’État pendant un entretien, ou suivi l’interprétation en direct de votre acteur préféré venu présenter son film au 20h. L’interprète est un être un peu étrange, invisible, mais indispensable.

Qu’est-ce que l’interprétation ?

La confusion entre interprétation et traduction est monnaie courante. Mais il ne s’agit pas de la même discipline. En effet, la traduction se fait à l’écrit, elle consiste à passer un texte d’une langue à une autre. L’interprétation, elle, se fait à l’oral, et permet de traduire un discours dans une autre langue en direct.

Si toutes deux requièrent une excellente connaissance des langues, les compétences requises et les connexions neuronales activées sont différentes.

 

Liaison, consécutive, simultanée… Quelle est la différence ?

L’interprétation peut se diviser en trois grandes sous-catégories :

  • L’interprétation de liaison
  • L’interprétation consécutive
  • L’interprétation simultanée

Chacune de ces méthodes d’interprétation a son utilisation et son domaine d’application propre. Dans cet article, je vous propose de nous pencher sur le cas particulier de l’interprétation simultanée.

 

Dans quels contextes faire appel à l’interprétation simultanée ?

L’interprétation simultanée est l’alliée des conférences, séminaires et formations. Elle est particulièrement utile lorsque le temps d’intervention est limité, car elle permet d’assurer la compréhension de tout le public sans délai ni pauses. Elle est aussi recommandée dans les contextes multilingues. En effet, elle permet l’interprétation vers plusieurs langues en même temps. Vous pouvez aussi opter pour elle si seulement une partie de votre public ne comprend pas la langue de l’orateur. Cela évitera à la totalité du public de devoir attendre l’interprétation pour reprendre.

 

Chuchotage, bidule, cabine, en ligne… Quelle technique choisir ?

L’interprétation simultanée peut se faire à travers plusieurs techniques. Le choix de la technique se fera en fonction de vos besoins, de vos moyens et de l’aménagement de votre lieu de réunion.

  • Le chuchotage consiste à placer l’interprète derrière (ou à côté) de la personne ayant besoin d’une interprétation. Cette technique est pratique, car elle ne demande aucun matériel, mais elle ne fonctionne que pour quelques personnes à la fois, et lorsque vous pouvez réunir ces personnes en un groupe. Par ailleurs, si vous souhaitez une intervention dite retour (interprétation dans les deux langues de la combinaison), vous devrez faire appel à un autre interprète. Cette méthode est aussi limitée par le bruit ambiant et la proximité de l’interprète aux autres membres du public qui pourraient être dérangés par un chuchotage constant.
  • Le bidule est le cousin nomade de l’interprétation en cabine. Lors d’une interprétation au bidule, l’interprète est à l’écart du public et interprète le discours en direct dans un micro relié aux casques portés par les personnes souhaitant l’accès à l’interprétation. Un peu comme certains guides touristiques. Contrairement au chuchotage, cette technique permet à un plus grand nombre de personnes de bénéficier des services de l’interprète. Toutefois, il est compliqué d’organiser une interprétation multilingue avec cette disposition.
  • La cabine a un fonctionnement similaire au bidule, à ceci près qu’elle est insonorisée, permettant ainsi aux interprètes une concentration optimale et d’éviter les interférences avec la salle. Tout comme pour le bidule, les personnes nécessitant l’accès à l’interprétation portent un casque et écoutent l’interprète. Autre avantage de la cabine, on peut les cumuler. Si vous souhaitez une interprétation vers plus d’une langue, il est possible d’avoir plusieurs cabines, permettant ainsi à chacun dans le public de choisir la langue qui lui convient. La cabine permet aussi de mettre en place l’interprétation relai, pour les langues rares, par exemple, permettant ainsi aux interprètes de se brancher sur la cabine voisine comme langue source.
  • L’interprétation en ligne a elle encore plus d’avantages. Idéale pour les interventions à distance, elle requiert également un matériel technique minimal (pas de cabine, pas de casque ou de bidule). Elle permet aussi aux interprètes de fournir l’interprétation retour plus facilement. En effet, chacun peut se connecter sur la chaîne de sa langue, il suffit ensuite à l’interprète de changer de chaîne pour changer de langue. Attention toutefois à ne pas oublier l’interprète (loin des yeux, loin du cœur) et aux problèmes de connexion.

 

Comment ça marche ?

Peu importe la technique d’interprétation simultanée choisie, la méthode est toujours la même. L’interprète écoute le discours et le traduit en temps réel.

Il y a en général un petit décalage de quelques secondes pendant lequel l’interprète analyse la structure de la phrase. Ceci évite la traduction mot à mot et permet de créer une zone tampon pour anticiper la recherche de terme ou la réorganisation des groupes nominaux.

Selon la combinaison linguistique, ce décalage est plus ou moins long. Entre le français et l’italien, par exemple, il va être de quelques secondes ou de quelques mots, car la structure grammaticale est très proche. Entre le français et l’anglais, il est déjà un peu plus long, car il faut attendre la fin du groupe nominal pour l’interpréter dans le bon sens (et ne pas dire « la rouge pomme », par exemple). Quand l’allemand entre en jeu, c’est une autre histoire, l’interprète doit attendre la fin de la phrase pour en connaître le verbe. Le décalage est donc plus important

Pour conclure

L’interprétation simultanée, sous toutes ses formes, permet la compréhension en direct et sans délai (ou presque) de votre message par tout votre public.

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